1 juin 2017 Eve Freitas

Travail par fortes chaleurs

Herve Fabre / INRS

Quels sont les risques liés à la chaleur, les effets et les conséquences?


Stade 1 : Coup de soleil (si exposition au soleil) -> Rougeur et douleur, œdème, vésicules, fièvre, céphalées.
Stade 2 : Crampes de chaleur -> Spasmes douloureux (jambes et abdomen), transpiration.
Stade 3 : Épuisement -> Forte transpiration, faiblesse, froideur et pâleur de la peau, pouls faible, température normale.
Stade 4 : Coup de chaleur -> Température corporelle supérieure à 40,6 °C, peau sèche et chaude, pouls rapide et fort, perte de conscience possible.  Décès possible par défaillance de la thermorégulation.


Si, au cours de travaux exécutés en ambiance chaude, un travailleur présente l’un des symptômes suivants :

  • grande faiblesse, grande fatigue, étourdissements, vertiges,
  • il tient des propos incohérents, perd l’équilibre, perd connaissance.

ATTENTION ! IL PEUT S’AGIR DES PREMIERS SIGNES D’UN COUP DE CHALEUR,  C’EST UNE URGENCE MÉDICAL

Dans ce cas, il faut agir RAPIDEMENT, EFFICACEMENT et lui donner les premiers secours :

  • alerter les premiers secours : SST, service médical (si présence sur place) ou le 15,
  • transporter la personne à l’ombre ou dans un endroit frais et lui enlever ses vêtements,
  • asperger le corps de la personne d’eau fraîche faire le plus de ventilation possible (bonne aération des locaux).

Malgré l’absence de définition consensuelle d’une journée « inhabituellement chaude », on peut retenir qu’il faut être vigilant dès que la température à l’ombre dépasse 30°C dans la journée pendant 3 jours consécutifs.

Le code du travail n’établit pas de seuil de température déclenchant des mesures particulières.
L’InVS en association avec météo France édite un bulletin quotidien en cas de fortes chaleurs, relayé par les médias. Le niveau MIGA  est déclenché par le préfet de région. Un numéro vert est mis en place le 0 800 06 66 66 (de 8h à 20h).

Les employeurs doivent, dans le cadre de l’évaluation des risques (R.230-1), évaluer le risque lié aux fortes chaleurs et mettre en œuvre les moyens de le prévenir dans le cadre d’un plan d’action ( R. 235-2-9).

EN MILIEU DE TRAVAIL, CE PLAN DOIT ÊTRE MIS EN PLACE EN FONCTION DE L’ÉVALUATION DE TROIS TYPES DE FACTEURS DE RISQUES :

1. Facteurs aggravants :

  • Des températures nocturnes supérieures à 22°C provoquant une mauvaise récupération de l’organisme (sommeil de mauvaise qualité).
  • Une humidité de l’air supérieur à 70°C.

2. Facteurs lies aux postes de travail :

  • Exécution de tâches pénibles ou travail physique, efforts prolongés, manutention lourde et ou rapide.
  • Impossibilité de se procurer facilement de l’eau fraîche.
  • Pauses de récupération insuffisante.
  • Exposition à la chaleur accentuée par le travail en extérieur.
  • Travail à proximité de source de chaleur.
  • Utilisation d’équipement de protection peu adapté à la chaleur.
  • Bureaux confinés insuffisamment ventilé ou aéré.
  • Utilisation de produits chimiques en espace confiné.
  • Travail de bureau dans des bâtiments à forte inertie thermique.

3. Facteurs individuels :

  • Acclimatation à la chaleur insuffisante.
  • Habillement inadapté.
  • Consommation d’eau insuffisante.
  • Femmes enceintes.
  • Age supérieur à 50 ans.
  • Mauvaise santé, maladies chroniques, prise de médicaments.
  • Alimentation excessive, boissons alcoolisées.

APRÈS ÉVALUATION DES DANGERS ET DES RISQUES Y COMPRIS DE CEUX GÉNÉRÉS PAR LA CANICULE, L’EMPLOYEUR DOIT METTRE EN PLACE LES DIFFÉRENTES MESURES SUIVANTES :

1. Adaptations techniques collectives permettant de limiter les effets de la chaleur :

  • En intérieur : ventilateurs (sauf si la température dépasse 33°C : production de chaleur), climatiseurs, écrans anti solaires et stores (favoriser les stores extérieurs), volets.
  • En extérieur : aménagement de zones de pause ombragées ou abritées et ventilées
  • Mise à disposition d’eau potable fraîche à proximité des postes de travail et en quantité suffisante pour un poste de type « bâtiment travaux public » 3 litres d’eau par jour et par agent minimum.
  • Diminution de la pénibilité des tâches : aide mécanique à la manutention, diminution des rythmes de travail.
  • Évacuation des locaux lorsque la température atteint 34°C (recommandation R 226 de la CNAM concernant les arrêts prolongés des installations de conditionnement d’air).

2.  Modification de l’organisation de travail :

  • Selon la pénibilité du travail.
  • Aménagement des horaires de travail : commencer plus tôt et prévoir des pauses plus fréquentes l’après midi.

3.  Recours à des équipements et moyens individuels adaptés :

  • Vêtements et protections en tout genre adaptés à l’exposition à la chaleur.

REFERENCES LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES

  • Art. L 230-2 du code du travail :
    L’employeur doit évaluer les risques et prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de leurs établissements.
  • Art R 232-1-10 du code du travail :
    Les postes de travail en extérieur doivent être aménagés pour que les agents soient protégés contre les conditions atmosphériques telles que les intempéries.
  • Art R 232-3 du code du travail :
    L’employeur doit mettre à la disposition des agents de l’eau potable fraîche.
  • Art R 232-5 du code du travail :
    Le renouvellement de l’air dans les locaux fermés doit être assuré de façon à éviter  » les élévations exagérées de température « .
  • Art R 235-2-9 du code du travail :
    Les bâtiments de travail doivent permettre  » d’adapter la température à l’organisme humain pendant le temps de travail, compte tenu des méthodes de travail et des contraintes physiques supportées « .

Dr Reine GUEVEL-LEBAS, Médecin du travail.