15 mai 2018 Eve Freitas

Les Salariés aidants : quels sont leurs droits

La principale préoccupation du salarié aidant est l’articulation entre son rôle d’aidant et sa vie professionnelle. Souvent l’épuisement, le stress, la culpabilité, la dévalorisation guettent et fragilisent durablement l’aidant familial.
Les aidants familiaux souhaitent conserver leur activité professionnelle. Au-delà de l’aspect financier, elle leur permet d’avoir une respiration ainsi qu’une protection vis à vis du rôle d’aidant familial très prenant.

Depuis récemment, le statut juridique de l’aidant familial permet à certain d’obtenir des aides financières afin de composer plus facilement sa vie entre cette activité et celle de salarié en entreprise.

Des dispositifs légaux existent pour que les aidants familiaux puissent continuer à concilier leurs différents temps de vie. Il s’agit notamment du congé de solidarité familiale, du congé de présence parentale ou du congé de soutien familial. L’entreprise employant un aidant a également son rôle dans l’accompagnement et la considération de cette particularité. Cela permet notamment de réduire la démotivation lié à la fatigue de son salarié mais aussi de diminuer l’absentéisme qui peut désorganiser un service.

En détail :

Les congés familiaux dédiés aux aidants : Les congés sont des dispositifs permettant aux aidants de suspendre temporairement leurs activités professionnelles afin de s’occuper pleinement de la personne dépendante et/ou handicapée qu’il aide au quotidien.
Le congé de proche aidant (anciennement congé de soutien familial) permet à un salarié du privé de suspendre ou réduire son activité professionnelle pour accompagner une personne à qui elle vient en aide de manière régulière et fréquente à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne.
Le congé de proche aidant, non rémunéré et d’une durée maximale de 3 mois peut être renouvelé dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière professionnelle. Le contrat de travail est suspendu pendant la période de congés. Ce congé est ouvert aux salariés justifiants de plus de 2 ans d’ancienneté dans l’entreprise.
Le congé de solidarité familiale : Ce congé permet à tout salarié de s’absenter pour assister un proche souffrant d’une pathologie mettant en jeu son pronostic vital (ou en phase terminale d’une affection grave et incurable). Il est d’une durée maximale de 3 mois et peut être renouvelé une fois. Il peut être pris en continu, ou à temps partiel.
Durant ce congé, il est possible de percevoir une allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie destinée à compenser la perte de revenus, versée par la Sécurité sociale.
Le Droit au répit : La loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur en 2016 reconnaît à l’aidant un droit au répit, c’est-à-dire le droit lors de la prise en charge d’une personne fragilisée par la maladie, l’âge ou le handicap, de prendre du temps pour lui.
Les personnes concernées par ce droit au répit sont les aidants s’occupant de personnes bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) qui assurent une présence ou une aide indispensable de soutien à domicile de leur proche et qui ne peuvent pas être remplacés par un membre de leur entourage. Ceux-ci peuvent ainsi se voir allouer une enveloppe d’un montant de 499,70 euros/an par personne aidée afin de financer l’accueil de l’aidé.

Lucie Torrent, Assistante en prévention