20 avril 2018 Eve Freitas

Entreprise de travaux public : les mesures de vibration

L’entreprise Dubrac TP est une entreprise de Travaux Public qui réalise la maintenance et l’entretien des voiries et terrassement, des réseaux d’assainissement, divers travaux souterrains, le pavage, le revêtement des trottoirs et des voiries.
La direction de l’entreprise ainsi que son Médecin du Travail ont souhaité réaliser des mesures de vibrations afin de vérifier les niveaux vibratoires auxquels les conducteurs sont exposés lors de la conduite d’une pelle mécanique et d’un compacteur.

Une Technicienne Hygiène et Sécurité de l’AMET est donc intervenue afin de vérifier que les niveaux vibratoires sont conformes à la réglementation française en termes de prévention des vibrations sur les lieux de travail.

Présentation des mesures

Les mesures ont été réalisées à l’aide d’un accéléromètre triaxial. L’accéléromètre est placé sur le siège du véhicule. Le capteur mesure les accélérations sur les trois axes (X, Y et Z) perçues par le salarié lors de la conduite du véhicule.

Lors du premier entretien avec  le médecin et le responsable de l’entreprise (appelé pré visite) nous allons identifier les postes et estimer l’exposition :

  • identifier les postes exposés (engins mobiles/équipements fixes et conditions d’utilisation), exposant l’ensemble du corps à des vibrations.
  • déterminer les différentes tâches vibrantes et leurs durées effectuées par un conducteur/opérateur pour estimer son exposition vibratoire quotidienne A(8),
  • Estimer la durée d’exposition quotidienne et la durée réelle quotidienne d’exposition

Les mesures de vibration ont été réalisées au poste de travail et ont permis de déterminer la valeur de l’exposition journalière A(8).

La première mesure a été réalisée auprès d’un salarié appliquant un enrobé bitumeux sur la chaussée grâce à un « finisher » et d’un salarié dont la mission est de compacter les enrober grâce à un « compacteur ».

La seconde mesure a été effectué sur un chantier de TP auprès d’un chauffeur de pelle mécanique  effectuant des opérations de terrassement.

Les mesures réalisées sur la pelle mécanique et le compacteur présentent des niveaux quotidiens d’exposition aux vibrations A(8) inférieurs au seuil de 0.5 m/s² défini par la réglementation.

Cependant, il est nécessaire de surveiller ce risque vibratoire grâce à des mesures de prévention.

La réduction de l’exposition vibratoire des salariés se fait sur quatre niveaux :

  • Actions au niveau du véhicule :
  • véhicule adapté à l’activité de travail permettant de limiter les postures contraignantes lors de la conduite
  • maintien des suspensions du véhicule en bon état
  • maintien des pneus du véhicule en bon état (adaptés à l’activité exercée et à l’état du sol)
  • siège à suspensions adapté à l’activité
  • Entretien du sol sur lesquels circulent les véhicules (absence de trous, de bosses…)
  • Adaptation de l’organisation du travail afin de réduire la durée d’exposition aux vibrations (pauses régulières, tâches de travail alternées…)
  • Information/formation des salariés :
  • sensibilisation des salariés au risque Vibration
  • sensibilisation des salariés à la conduite du véhicule (vitesse, postures…)
  • formation des salariés au réglage et à l’utilisation du siège.

De plus, certaines postures contraignantes (torsion fréquente de la colonne vertébrale, rotation ou inclinaison maintenue ou fréquente de la tête, position assise prolongée…) peuvent être des facteurs de risques aggravants pour les conducteurs lors de la réalisation de leur activité de travail.

L’AMET propose une campagne de mesure de vibration pour le corps entier ou les mains/bras en septembre 2018. Si cela vous intéresse, n’hesitez pas à contacter votre votre médecin du travail pour en parler. Vous pouvez également contacter directement le service prévention :  jonathan.lenormand@amet.org

Mélanie Adjiri, Technicienne Hygiène Sécurité