9 octobre 2017 Eve Freitas

Les effets du bruits au travail

girl in a noisy place on a white background

Selon l’enquête SUMER de 2010, plus de 7 000 000 salariés en France sont exposés au bruit dans le cadre de leur activité professionnelle. Parmi eux, près de 4 000 000 salariés sont exposés régulièrement ou épisodiquement à des niveaux sonores supérieurs à 85 dB(A).

Dans le cadre de leur activité professionnelle, de nombreux salariés sont amenés à travailler dans des environnements bruyants (ateliers, chantiers, établissements recevant du public…) ou à utiliser des machines et/ou outils eux-mêmes bruyants.

L’exposition prolongée à des niveaux sonores élevés peut entraîner une destruction progressive et définitive des cellules ciliées responsables de l’audition situées dans l’oreille interne.

Celle-ci peut déclencher à long terme une perte d’audition, voire une surdité importante (hypoacousie) pour de nombreux salariés exposés.
La surdité peut s’avérer être un handicap très important en termes de communication pour les personnes touchées et avoir un impact non négligeable sur leur vie sociale. La surdité peut être également accompagnée, en fonction des cas, par des acouphènes (perception auditive de sifflements ou grésillements dans les oreilles).

La surdité due à une exposition au bruit au travail est reconnue comme maladie professionnelle dans le tableau n°42 du régime général de la Sécurité Sociale. Chaque année, entre 700 et 900 salariés sont impactés par cette maladie professionnelle en France.

Effets extra-auditifs :
La surdité n’est pas l’unique conséquence d’une exposition au bruit. En effet, l’exposition au bruit peut avoir des effets non traumatiques également appelés effets extra auditifs.

Le bruit peut ainsi également influer sur la sécurité, le confort et les facteurs d’efficacité des salariés au travail.

Les effets extra auditifs sont les suivants :

  • stress, angoisse, irritabilité,
  • fatigue générale et auditive,
  • effet de masque (diminution de la perception des signaux de sécurité ou utiles à l’activité de travail)
  • gêne à la communication, à la concentration et effet de distraction.

Ces effets extra-auditifs ne sont pas uniquement présents dans les milieux bruyants tels que dans l’industrie ou le BTP. Ils sont également de plus en plus présents sur les plateaux de bureaux en open-space où les salariés peuvent être gênés dans leur travail par le bruit ambiant.

Réglementation française sur le bruit au travail :Afin de réduire le risque bruit dans le milieu professionnel, le décret du 19 juillet 2006 impose aux entreprises de mettre en œuvre des moyens techniques et organisationnels pour limiter l’exposition des salariés au bruit. Ce décret détermine également plusieurs seuils d’exposition retranscrits dans le tableau suivant :

Valeur Exposition quotidienne LEX,8h (dB(A)) Niveau de pression de crête Lpc (dB(C)) Actions si niveau dépassé
Niveau inférieur d’exposition déclenchant l’action de prévention 80 135 Mise à disposition aux salariés exposés de protections individuelles adaptées
Niveau supérieur d’exposition déclenchant l’action de prévention 85 137 Elaboration et mise en œuvre d’un programme technique et organisationnel visant à réduire l’exposition au bruit

Utilisation des protections individuelles contre le bruit

Seuil limite d’exposition avec port des protections individuelles 87 140 Signalisation des lieux de travail bruyants

Eventuellement limitation d’accès

Prévention du risque bruit :
Réduire le bruit dans les milieux professionnels est complexe et doit se faire à différents niveaux :

  • actions au niveau des sources de bruit en choisissant des machines et/ou équipements de travail moins bruyants, en capotant les machines, …
  • actions au niveau de la propagation du bruit en isolant les équipements bruyants dans des locaux séparés des salariés, en traitant acoustiquement les parois des locaux de travail afin de limiter le phénomène de réverbération du bruit, …
  • actions au niveau de l’organisation du travail afin de limiter les durées d’exposition des salariés au bruit,
  • actions au niveau des salariés en mettant à leur disposition des protecteurs individuels contre le bruit (casques ou bouchons antibruit) et en les sensibilisant au risque bruit.

Contributions de l’AMET Santé au Travail :
Afin d’évaluer et de prévenir les risques professionnels liés au bruit, les Médecins du Travail et les préventeurs de l’AMET peuvent intervenir sur ce sujet auprès des entreprises adhérentes pour la surveillance médicale des salariés exposés, l’évaluation et la prévention du risque bruit.

Julien TOULAT, technicien hygiène et sécurité